Partant de Rilke et de Nietzsche, le philosophe allemand Peter Sloterdijk développe une « éthique acrobatique » (sic) dans son dernier pavé, Du musst dein Leben ändern, Suhrkamp 2011). Je viens de l'acheter chez Stauffacher, ma librairie habituelle dans la ville de Berne, et j'ai commencé à en lire des passages avec passion, étonnement, difficulté, surprise. Cet auteur (entendu il y a deux ans à Lausanne, en un français parfait) est décoiffant, je ne suis pas toujours sûr de le comprendre ni de consonner à ses thèses, mais il est sûr qu'il fait bouger nos conventions de pensée et nos paresses naturelles.- Avançant dans la lecture, j'y découvre l'importance de la notion d'exercices; pour S., il n'y a pas des religions avec des contenus mais des modalités d'exercices visant à l'élaboration de soi et de son monde. pensée très marquée par Nietzsche et Foucault, mais plus ouverte aux pratiques religieuses. S. reconnaît que la question de Dieu doit être prise en compte aujourd'hui.
La question qui me préoccupe est celle du rôle de la divinité (ou de tout ce qu'on peut fourrer dans le mot valise "Dieu") dans l'auto-construction de soi.
Un modèle de relation humanité/divinité qui apparaît par exemple en creux dans le récit de Genèse 2 et 3 et dans la parabole du fils prodigue (qu'est-ce qui est manqué et encore en attente dans ces deux récits ?)
Une autre image un peu pauvre, mais je n'ai pas trouvé mieux : je suis au volant et Dieu est mon passager. Pourquoi est-ce que je préfère ne pas être seul pendant les longs trajets ?
Rédigé par : Richard Bennahmias | 24 fév 2011 à 13:05