Le candidat alternatif Roger Favre s'est risqué pour une fois à une comparaison footballistique sur Canal-Alpha+, au soir du premier tour des élections neuchâteloises. Il ne suffit pas de marquer des buts, a-t-il affirmé, encore faut-il avoir un fond de jeu. Il faisait allusion à la difficulté toujours plus grande d'avoir en politique de véritables débats. Sur ce point au moins, je ne saurais lui donner tort.
Juste auparavant, au stade de la Maladière, Neuchâtel-Xamax venait de livrer sa meilleure prestation depuis longtemps - en première mi-temps, contre les Young Boys (avec leur tenue grenouille). Deux buts, dont une splendide lucarne, mais surtout un jeu posé, alerte, imaginatif, offensif. Ce qu'on pouvait craindre arriva en deuxième mi-temps, via, il faut le dire, un coaching gagnant de l'entraîneur des Bernois et un soutien sans faille des nombreux supporters jaunes et noirs comme toujours tonitruants et déchaînés. Y avait-il hors-jeu sur l'égalisation ? Je le crus, à voir le geste de l'arbitre Busacca, par ailleurs excellent, mais qui me parut revenir sur sa décision et suivre trop vite son juge de ligne. Quoi qu'il en soit: la victoire bernoise était prévisible, dès lors que les poulains de Geiger et Aeby reculèrent dès le début de la deuxième mi-temps, au lieu de continuer leur jeu et de chercher le troisième but d'entrée. Mais bien sûr, il aurait fallu le pouvoir. Ce sont les Bernois qui mirent leur veto, comme les Neuchâtelois l'avaient très bien fait avant la pause. On a souvent tendance à oublier l'influence de l'adversaire sur la prestation de l'équipe que l'on appuie !
Le fond de jeu était neuchâtelois en première mi-temps, bernois en seconde. L'esprit du jeu fut généreux de part et d'autre, mais le winning spirit, clairement, était plus grand, comme le montrèrent les Haeberli, Doumia et David Degen.