Dans le livre de Liza Mundy Michelle Obama First Lady (Plon 2008), on voit le rôle qu'a joué le pasteur Jeremiah Wright dans la socialisation religieuse de Barack Obama. C'est lui qui a béni le mariage du couple à Chicago. Obama a ensuite quitté l'Eglise du pasteur Wright, suite à un dérapage de ce dernier, mais c'était dans le cadre de la campagne et sous pression. J'ai entendu Wright à Chicago le 9 janvier, lors du congrès commun de la Society for Christian Ethics et de la Society for Jewish Ethics. Il a dérapé une fois plus en parlant de l'intervention d'Israël à Gaza comme d'un nettoyage ethnique. Cela dit, c'est loin d'être un hérétique, il défend la théologie de la libération et les Obama reconnaissent lui devoir beaucoup. A Chicago, il a reçu une double standing ovation des 700 membres présents de nos sociétés savantes. Je suis resté assis, mais ai admiré sa prestance et sa clarté, celle d'un prédicateur inspiré osant dénoncer les hypocrisies de la société américaine, plus choquée par les frasques de Clinton que par la politique guerrière de G. W. Bush. Mon ami Ronald Green, philosophe juif de Darmouth College, par ailleurs opposé à l'intervention d'Israël à Gaza, a déposé une protestation contre le dérapage de Wright, mais a reconnu la légitimité de sa présence à notre Congrès. Wright avait été invité par notre président sortant, le pasteur Darryl Trimiew, un géant tranquille, afro-américain engagé et respecté de tous.
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